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What we asked before 2017

Comité indépendant des formateurs de langues

Monsieur le Président du Parlement européen,
Mesdames et Messieurs les Vice-présidents du Parlement européen,
Mesdames et Messieurs les Questeurs du Parlement Européen,
Mesdames et Messieurs les Eurodéputés membres de la Commission Emploi et Affaires sociales,
Mesdames et Messieurs les Eurodéputés du Parlement européen,

Bruxelles, le 10 novembre 2017

Formateurs en langues au sein des Institutions européennes, nous souhaitons nous adresser directement à nos élus ainsi qu’aux représentants du Bureau du Parlement afin de les interpeller face à la dégradation constante de notre situation professionnelle.

La promotion du multilinguisme est considérée comme un des principes fondateurs de l’Union Européenne. Cette valorisation des compétences linguistiques participe activement à la promotion des échanges (économiques, juridiques, culturels) au sein de l’Union. Paradoxalement, la dégradation des conditions de travail des formateurs est un obstacle majeur à cette ambition.

En effet, les formateurs en langues travaillent comme des travailleurs indépendants belges. A ce titre, ils sont engagés par des écoles contractantes. Tous les quatre ans, ces écoles sont mises en concurrence et répondent à des appels d’offres, sur la base des critères fixés par la Commission européenne.

Suite au dernier appel d’offre avalisé en 2016, la précarisation de notre profession s’accélère : les formateurs de français ont ainsi vu leur rémunération horaire passer de 31 à 29 euros bruts. Ils sont par ailleurs soumis au taux d’imposition des indépendants belges qui est l’un des plus élevés de l’UE. Le statut de travailleur indépendant prévoit que le travailleur puisse fixer librement le tarif de sa prestation à titre commercial, or cela n’est en réalité jamais applicable.

Ainsi, pour un tarif horaire net fixe à 18 euros, les formateurs n’ont pas de congés payés, aucune compensation financière n’est prévue pour les longues périodes de césure définies par l’agenda des institutions. En cas d’annulation de cours, une clause du contrat-cadre prévoit une amende horaire de l’ordre de 50 euros imposée par la Commission ainsi que la possibilité pour l’école de mettre fin au contrat d’un professeur sans aucun préavis. Enfin, notre rémunération horaire ne prend nullement en compte les différentes tâches administratives qui nous incombent.

Plongés dans cette situation économique plus que fragile, les formateurs sont le plus souvent contraints d’accepter un nombre élevé d’heures de cours, à raison de 20 à 30 heures présentielles en moyenne, soit 50 à 60 heures de travail effectif par semaine (avec préparation des cours et suivi administratif). Comment maintenir dans ces conditions une qualité d’enseignement et un suivi efficace de la formation linguistique ?

Le 15 juillet 2014, le Président de la Commission Européenne s’est engagé devant le Parlement européen, à lutter contre le dumping social. Un rapport, daté du 18 août 2016, a par ailleurs été voté par nos eurodéputés, actant une certaine reconnaissance par les Institutions de cette réalité vécue par des professionnels de statuts divers dans l’UE.

Dans le contexte de crise de confiance que traverse l’UE, les formateurs qui ont fait le choix de travailler pour l’Union Européenne sont contraints de constater que les Institutions européennes font des acteurs de leur formation interne une catégorie de travailleurs pauvres. Celles-ci ne peuvent continuer à s’en exonérer en s’abritant derrière un argumentaire juridique et technocratique qui néglige les conditions de travail des formateurs.

Face à ce constat amer, auquel nous ne souhaitons nous résigner, nous interpellons aujourd’hui les représentants du Parlement Européen, députés de diverses orientations politiques, et les invitons à prendre la mesure de la précarisation actuelle de notre profession.

Le CIFL, Collectif des Indépendants Formateurs de langues, à l’initiative de cette lettre ouverte, se tient à la disposition de toute personne qui souhaiterait prendre contact avec des formateurs afin d’approfondir sa connaissance du dossier pour la défense d’un service de formation linguistique de qualité au sein des institutions.

Nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de notre haute considération citoyenne.

Le CIFL, Collectif Indépendant des Formateurs en Langues.

Contact : trainers.eu@gmail.com

 

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Date modified : 17/07/2018