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Language
trainers: we are alerting the Commission to a precarious and
contradictory working situation
As you may be aware, we
have been campaigning for nearly a year alongside the language teachers
who work with European Commission staff. In particular, we had asked for
your support in a fundraising drive to finance the legal proceedings
necessary to defend their rights. Your support, to which many colleagues
responded, has enabled us to continue and strengthen our support for
these teachers. Today, we are taking a further step by sending a letter
to Commissioner Serafin to alert him to their situation and call for
concrete changes. If this approach does not result in a satisfactory
response, we reserve the right to refer the matter to the European
Ombudsman on grounds of maladministration.
As a reminder, we are
alerting the Commission to the situation of language teachers who
deliver language training for its staff. We would point out that these
training courses are not an ancillary service: they are essential to the
appointment, promotion and mobility of European civil servants and
staff, given the statutory requirements relating to proficiency in the
languages of the Union.
We consider that the
status of self-employed workers officially assigned to these teachers,
who are engaged through private contractors, does not reflect the
reality of their work. Through its terms of reference, guidelines and
instructions, the Commission regulates in great detail their working
hours, timetables, course workload, programmes, teaching methods and the
tools to be used. It also imposes numerous administrative obligations on
them, as well as strict rules regarding absences, timetable changes and
course management.
We consider that such a
high level of control is hardly compatible with a genuine self-employed
status. We also highlight the extent of the oversight exercised over
trainers: quality plans, classroom observations, assessment reports,
imposed improvement targets and continuing professional development
guided by teaching coordinators. In some cases, refusal to comply with
quality control procedures can even lead to threats of immediate
termination of the contract. In our view, these factors characterise a
relationship of subordination that closely resembles that of an
employee.
We also condemn the social
precariousness in which these professionals are kept: lack of paid
leave, insufficient protection in the event of illness, no entitlement
to unemployment benefit, less favourable pension provision, delayed
payments and no guarantee of contract renewal. We consider that such a
situation runs counter to the values upheld by the European Union and is
difficult to reconcile with developments in European law aimed at
combating bogus self-employment, particularly where the client exercises
powers of direction and control.
We also believe that this
system undermines the quality of the service provided. The
service-providing schools essentially play an administrative role,
whilst the Commission retains significant control over content and
pedagogical oversight. In our view, this organisational structure gives
rise to red tape, inconsistencies and instability, which undermine staff
and training programmes.
In light of this
situation, we are making two main requests.
1- In the short term, we call
for the introduction of binding social clauses in calls for tenders.
These must guarantee fair remuneration, taking into account the full
scope of the work actually carried out, as well as decent working
conditions for trainers.
2- In the medium term, we
propose integrating these professionals into an inter-institutional
structure for linguistic and cultural training, offering them stable
status as permanent contract staff or contract workers. Such a
development would help to stabilise the teams, improve the quality of
training programmes and bring their status into line with the values
that the European Union seeks to promote.
We present this approach
as a preliminary step towards a possible referral to the European
Ombudsman regarding maladministration. We ask the Commission to
acknowledge receipt of our letter, to provide us with a reasoned reply
within two months and to organise a meeting with the relevant
departments in order to examine possible solutions in practical terms.
Through this initiative,
we aim to secure recognition of the work carried out by language
trainers, defend their rights and contribute to a high-quality language
training service that meets the standards and values of the European
Union.
If you would like to help
us, you can make a donation via the following bank account:
U4U
IBAN: BE39 0016 3506 3019
BIC: GEBABEBB
REF: Language teachers
U4U |

Formateurs
linguistiques : nous alertons la Commission sur une situation de travail
précaire et contradictoire
Comme vous le savez
peut-être, nous sommes mobilisés depuis près d'un an aux côtés des
enseignants de langues qui interviennent auprès du personnel de la
Commission européenne. Nous vous avions notamment sollicités pour une
collecte de fonds destinée à financer les procédures juridiques
nécessaires à la défense de leurs droits. Votre mobilisation, à laquelle
de nombreux collègues ont répondu, nous a permis de poursuivre et de
renforcer notre accompagnement de ces enseignants. Aujourd'hui, nous
franchissons une nouvelle étape en adressant une lettre au commissaire
Serafin pour l'alerter sur leur situation et demander des changements
concrets. Si cette démarche n'aboutit pas à une réponse satisfaisante,
nous nous réservons la possibilité de saisir la Médiatrice européenne
pour mauvaise administration.
Pour rappel, nous
alertons la Commission sur la situation des professeurs de langue qui
dispensent les formations linguistiques destinées à son personnel. Nous
rappelons que ces formations ne constituent pas un service accessoire :
elles sont essentielles à la nomination, à la promotion et à la mobilité
des fonctionnaires et agents européens, compte tenu des exigences
statutaires liées à la maîtrise des langues de l'Union.
Nous estimons que le
statut de travailleurs indépendants officiellement attribué à ces
professeurs, engagés par l'intermédiaire de sociétés privées
adjudicataires, ne correspond pas à la réalité de leur travail. À
travers ses cahiers des charges, ses lignes directrices et ses
instructions, la Commission encadre de manière très détaillée leurs
horaires, leurs calendriers, le volume des cours, les programmes, les
méthodes pédagogiques et les outils à utiliser. Elle leur impose
également de nombreuses obligations administratives ainsi que des règles
strictes en matière d'absences, de changements d'horaires et de gestion
des cours.
Nous considérons qu'un
tel niveau de contrainte est difficilement compatible avec un véritable
statut d'indépendant. Nous soulignons également l'importance du contrôle
exercé sur les formateurs : plans qualité, observations en classe,
rapports d'évaluation, objectifs d'amélioration imposés et formations
continues orientées par les coordinateurs pédagogiques. Dans certains
cas, le refus de se soumettre aux procédures de contrôle de la qualité
peut même entraîner des menaces de résiliation immédiate du contrat. À
nos yeux, ces éléments caractérisent une relation de subordination qui
se rapproche de celle d'un salarié.
Nous dénonçons par
ailleurs la précarité sociale dans laquelle ces professionnels sont
maintenus : absence de congés payés, protection insuffisante en cas de
maladie, absence de droits au chômage, couverture moins favorable en
matière de retraite, paiements différés et absence de garantie de
renouvellement des contrats. Nous considérons qu'une telle situation est
contraire aux valeurs que défend l'Union européenne et difficilement
conciliable avec l'évolution du droit européen visant à lutter contre le
faux travail indépendant, notamment lorsque le donneur d'ordre exerce un
pouvoir de direction et de contrôle.
Nous estimons également
que ce système nuit à la qualité du service rendu. Les écoles
prestataires jouent essentiellement un rôle administratif, tandis que la
Commission conserve une maîtrise importante du contenu et du contrôle
pédagogique. Cette organisation engendre, selon nous, des lourdeurs, des
incohérences et une instabilité qui fragilisent les équipes et les
formations.
Face à cette situation,
nous formulons deux demandes principales.
À court terme, nous
demandons l'introduction de clauses sociales contraignantes dans les
appels d'offres. Celles-ci doivent garantir une rémunération juste,
tenant compte de l'ensemble du travail réellement effectué, ainsi qu'un
cadre social digne pour les formateurs.
À moyen terme, nous
proposons d'intégrer ces professionnels dans une structure
interinstitutionnelle de formation linguistique et culturelle, en leur
offrant un statut stable d'agents contractuels à durée indéterminée ou
de travailleurs sous contrat. Une telle évolution permettrait de
stabiliser les équipes, d'améliorer la qualité des formations et de
mettre leur statut en cohérence avec les valeurs que l'Union européenne
entend promouvoir.
Nous présentons cette
démarche comme une étape préalable à une éventuelle saisine de la
Médiatrice européenne pour mauvaise administration. Nous demandons à la
Commission de nous accuser réception de notre courrier, de nous apporter
une réponse motivée dans un délai de deux mois et d'organiser une
rencontre avec les services compétents afin d'examiner concrètement les
solutions possibles.
À travers cette
initiative, nous entendons faire reconnaître la réalité du travail
accompli par les formateurs linguistiques, défendre leurs droits et
contribuer à un service de formation linguistique de qualité, à la
hauteur des exigences et des valeurs de l'Union européenne.
Si vous souhaitez nous
aider, vous pouvez contribuer via le compte bancaire suivant :
U4U
IBAN: BE39
0016 3506 3019
BIC:
GEBABEBB
REF: Profs
de langue
19/10/2026
U4U |
15.10.2026: Lettre U4U au Commissaire-Serafin et SG (préalable à la saisine de la médiatrice
européenne).

Coronavirus : impact sur les profs de langue
Lettre reçue le 12/03/2020
Je vous écris un mot pour vous faire part de la situation de détresse
des formateurs de langues des Institutions face à la décision de la Commission
de suspendre tous les cours de langues à titre préventif à cause de l'épidémie
du coronavirus. Une décision qui nous a été annoncée quelques minutes
avant de commencer notre cours (ce mardi vers 11:10).
SI l'on peut comprendre la mesure, il est inquiétant voire révoltant que les
autorités ne nous aient jusqu'au présent rien dit concernant notre situation
financière. Nous sommes bloqués sans travail en attendant la réouverture des
cours et nous n'avons aucune information sur une compensation financière par
rapport à l'ensemble des cours annulés.
Beaucoup d'entre nous n'avons que ce travail-ci. Nous
sommes bloqués et (car notre temps doit rester disponible pour la reprise du
travail) sans informations sur ces heures de travail que nous perdons, prévues
dans notre contrat.
Merci de prendre en compte cette situation.

Comité indépendant des formateurs de langues
Monsieur le Président du Parlement européen,
Mesdames et Messieurs les Vice-présidents du Parlement européen,
Mesdames et Messieurs les Questeurs du Parlement Européen,
Mesdames et Messieurs les Eurodéputés membres de la Commission Emploi et
Affaires sociales,
Mesdames et Messieurs les Eurodéputés du Parlement européen,
Bruxelles, le 10 novembre 2017
Formateurs en langues au sein des Institutions européennes, nous souhaitons
nous adresser directement à nos élus ainsi qu’aux représentants du Bureau du
Parlement afin de les interpeller face à la dégradation constante de notre
situation professionnelle.
La promotion du multilinguisme est considérée comme un des principes
fondateurs de l’Union Européenne. Cette valorisation des compétences
linguistiques participe activement à la promotion des échanges (économiques,
juridiques, culturels) au sein de l’Union. Paradoxalement, la dégradation des
conditions de travail des formateurs est un obstacle majeur à cette ambition.
En effet, les formateurs en langues travaillent comme des travailleurs
indépendants belges. A ce titre, ils sont engagés par des écoles contractantes.
Tous les quatre ans, ces écoles sont mises en concurrence et répondent à des
appels d’offres, sur la base des critères fixés par la Commission européenne.
Suite au dernier appel d’offre avalisé en 2016, la précarisation de notre
profession s’accélère : les formateurs de français ont ainsi vu leur
rémunération horaire passer de 31 à 29 euros bruts. Ils sont par ailleurs soumis
au taux d’imposition des indépendants belges qui est l’un des plus élevés de l’UE.
Le statut de travailleur indépendant prévoit que le travailleur puisse fixer
librement le tarif de sa prestation à titre commercial, or cela n’est en réalité
jamais applicable.
Ainsi, pour un tarif horaire net fixe à 18 euros, les formateurs n’ont pas de
congés payés, aucune compensation financière n’est prévue pour les longues
périodes de césure définies par l’agenda des institutions. En cas d’annulation
de cours, une clause du contrat-cadre prévoit une amende horaire de l’ordre de
50 euros imposée par la Commission ainsi que la possibilité pour l’école de
mettre fin au contrat d’un professeur sans aucun préavis. Enfin, notre
rémunération horaire ne prend nullement en compte les différentes tâches
administratives qui nous incombent.
Plongés dans cette situation économique plus que fragile, les formateurs sont
le plus souvent contraints d’accepter un nombre élevé d’heures de cours, à
raison de 20 à 30 heures présentielles en moyenne, soit 50 à 60 heures de
travail effectif par semaine (avec préparation des cours et suivi
administratif). Comment maintenir dans ces conditions une qualité d’enseignement
et un suivi efficace de la formation linguistique ?
Le 15 juillet 2014, le Président de la Commission Européenne s’est engagé
devant le Parlement européen, à lutter contre le dumping social. Un rapport,
daté du 18 août 2016, a par ailleurs été voté par nos eurodéputés, actant une
certaine reconnaissance par les Institutions de cette réalité vécue par des
professionnels de statuts divers dans l’UE.
Dans le contexte de crise de confiance que traverse l’UE, les formateurs qui
ont fait le choix de travailler pour l’Union Européenne sont contraints de
constater que les Institutions européennes font des acteurs de leur formation
interne une catégorie de travailleurs pauvres. Celles-ci ne peuvent continuer à
s’en exonérer en s’abritant derrière un argumentaire juridique et technocratique
qui néglige les conditions de travail des formateurs.
Face à ce constat amer, auquel nous ne souhaitons nous résigner, nous
interpellons aujourd’hui les représentants du Parlement Européen, députés de
diverses orientations politiques, et les invitons à prendre la mesure de la
précarisation actuelle de notre profession.
Le CIFL, Collectif des Indépendants Formateurs de langues, à l’initiative de
cette lettre ouverte, se tient à la disposition de toute personne qui
souhaiterait prendre contact avec des formateurs afin d’approfondir sa
connaissance du dossier pour la défense d’un service de formation linguistique
de qualité au sein des institutions.
Nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de notre haute
considération citoyenne.
Le CIFL, Collectif Indépendant des Formateurs en Langues.

Archives (before 2017)

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